Cantine scolaire : le Collège refuse le bio et se justifie avec Alep !

Hallucinantes ! C’est sans doute ce qui résume le mieux les réponses reçues de l’échevin de l’Enseignement, Alain Hutchinson (PS), que j’interpellais au dernier conseil communal, sur le cahier des charges des cantines scolaires à Saint-Gilles. Avec le groupe Ecolo-Groen, je demandais d’introduire des critères plus durables que les critères actuels dans ce cahier de charge : augmentation de la part d’aliments bio (15 % actuellement), mais aussi locaux et de saison, interdiction des OGM, pesticides, additifs, diminution du grammage de viande et l’introduction d’un jour par semaine végétarien (veggie day).

Et là, l’Echevin s’est lancé dans un pathétique mini spectacle… Et de nous amener deux caisses de fruits et légumes, l’une bio et peu remplie à 25 euros et une caisse de légumes et fruits non bio à 17 euros et débordante (photo). Oubliant au passage, mais c’est sans doute un détail pour lui, de notifier sur les panneaux qu’il avait placé sur les caisses le contenu des produits en pesticides et autres résidus chimiques, eau ajoutée, etc.

caissse-fruits-et-legumesEh bien non, monsieur l’échevin, augmenter la part de bio, de local et de saison dans l’alimentation des cantines n’augmente pas les prix des repas scolaires ! Manifestement, vous êtes très mal renseigné sur ce qui se fait à l’extérieur et vous faites fi des nombreux exemples de communes et administrations qui ont modifié leur cahier des charges en ce sens, comme Forest ou Ixelles. Et si elles ne sont pas toutes nécessairement passées au 100 % bio, elles ont grandement amélioré les critères en ce sens, sans augmenter les prix pour les parents. A Saint-Gilles, on en reste donc à un très modeste 15 % de produits bio dans les cantines. Et l’argument de l’augmentation du coût est faux et non avenu, car rien qu’en diminuant la quantité de viande quotidienne et en instaurant un jour végétarien par semaine, les économies sont substantielles et on équilibre les coûts, tout en améliorant la santé.

Mais M. Hutchinson, manifestement peu conscient du ridicule de sa démonstration, ne s’est pas arrêté en si bon chemin, et a poursuivi en nous expliquant qu’acheter bio et local, c’était mettre à mal l’agriculture africaine parce qu’ils ne pouvaient plus exporter leur production chez nous (sic) ! Et de conclure la démonstration, avec un argument, qui nous a tous laissé sans voix, en nous demandant si, à la place de se soucier de l’alimentation bio dans les cantines scolaires, on se souciait des enfants d’Alep ?… (resic) Bref, chers parents saint-gillois, avec une argumentation aussi ringarde qu’idiote, vous n’êtes pas prêts d’obtenir de vraies cantines durables dans les écoles communales saint-gilloises et la voie royale reste ouverte pour les multinationales de l’alimentation jusque dans les assiettes de vos enfants.

Les sacrifiés de Pierre Paulus

Pierre Paulus, la seule école communale d’enseignement technique et professionnel de Saint-Gilles fermera ses portes définitivement ce 31 août 2017, entraînant également la fermeture de son centre de formation en alternance (Cefa). Une école qui a eu du mal ces dernières années à retrouver le cap et s’est longtemps cherché une boussole1, plus de 6 directions depuis 2002. C’est peu dire que cette école n’a pas été dans les priorités politiques de la commune pendant plus de 20 ans, sous toute l’ère Picqué. Aujourd’hui donc, elle vit ses derniers mois. Seule une partie de ses sections seront reprises par la Cocof sur le campus du Ceria à Anderlecht. De son côté, Saint-Gilles sera remplacé comme pouvoir organisateur par la Cocof dés ce 1er janvier.

© Commeunlundi asbl

Un PO démissionnaire

Une fermeture, car il s’agit bien d’une fermeture de l’aveu même de l’échevin2, ça n’est pas simple à gérer et l’atterrisage est très loin d’être bouclé. Actuellement, les enseignants se battent avec leur syndicat pour préserver leurs statuts, leurs priorités, ça négocie. Tout le monde ne s’y retrouvera pas, c’est certain, mais ils ont les moyens et la capacité de mobiliser et de mettre la pression pour obtenir un maximum de garanties. Quant aux élèves de Pierre Paulus, ceux-là précisément pour lesquels cette école a été créée, leur sort n’a l’air d’émouvoir personne sinon les travailleurs sociaux qui les accompagnent et quelques professeurs…

Ces élèves ne bénéficient pas de la défense d’un syndicat comme leurs profs, il n’y a pas d’association de parents à Pierre Paulus. Les parents des élèves de Pierre Paulus, vous ne les trouverez pas devant le bureau de l’échevin à exiger qu’on défende leurs mômes, parce que la plupart, ne disposent pas des informations ou des ressources pour le faire. Ils font confiance, comme beaucoup de parents des milieux précarisés, a priori, à l’école. Ce ne sont pas, pour la majorité d’entre eux, des électeurs saint-gillois. L’échevin de l’enseignement l’a répété à suffisance, seuls 15 % des élèves de Pierre Paulus sont saint-gillois, autant dire qu’ils ne pèsent pas lourds…

Le PMS de la Cocof, qui reprendra au 1er janvier l’accompagnement de ces élèves, ne bénéficiera pas d’heures supplémentaires alors qu’il sature déjà et qu’il va falloir être à côté des élèves pour retrouver une nouvelle école pour ceux dont la section ferme ou qui ne pourront se rendre sur le campus du Ceria.

Vous avez dit cynisme ?

Cynisme, c’est sans doute le mot qui résume le mieux la manière avec laquelle sont traités les élèves de Pierre Paulus.

Cynisme d’abord, quand le PO demande à l’école que les élèves qui vont devoir s’inscrire ailleurs soient prioritairement orientés vers des écoles du réseau officiel. Une exigence pour le moins étrange lorsqu’on sait toutes les difficultés que ces élèves, déjà exclus de toute part, auront à se réinscrire dans une nouvelle école, point n’était besoin de rajouter une conditionnalité.

IMG_1181Cynisme ensuite quand l’école organise l’exclusion scolaire en renforçant sa politique de comptabilité des demi-jours d’absence. En novembre, une quarantaine d’élèves ont déjà atteint leur quota et deviennent de facto des élèves libres. Un chiffre qui auparavant n’était jamais atteint avant Pâques. Ce seront des élèves en moins à recaser… et des élèves pour ceux qui sont majeurs, et ils sont nombreux, qui perdent aussi leurs allocations familiales. 

Cynisme enfin quand au conseil communal, l’échevin nous garantit que tout sera fait pour accompagner les élèves et que les parents seront correctement informés. Certes, une lettre invitant à une réunion d’information est bien partie, mais elle a été envoyée le jour même de la réunion. Inutile de dire qu’aucun parent n’est venu.

© Commeunlundi asbl

© Commeunlundi asbl

Ces élèves, pour la plupart primo-arrivants et/ou issus de milieu précaire, ayant déjà un parcours scolaire plus que chaotique, n’avaient pas besoin de ça. On aggrave, quand on n’organise pas, leur décrochage scolaire. Ils n’étaient sans doute pas dans la meilleure école qu’on puisse imaginer, certaines sections étaient de véritables voies de garage, mais en attendant la grande révolution dans l’enseignement, n’est-il pas temps d’avoir un minimum de respect pour les élèves dont on ferme l’école ?

Ce 24 novembre, la majorité saint-gilloise présentera son projet de nouvelle école secondaire à pédagogie active lors du conseil communal. L’école ouvrira en septembre 2017 à la place de Pierre Paulus. On connaît désormais son nom : le lycée intégral Roger Lallemand. Un chouette projet, vraiment, que nous soutenons, et un bel hommage à l’homme. Mais au vu de l’abandon des élèves de Pierre Paulus, il est assez piquant pour la majorité socialiste de prendre pour référence un homme qui citait souvent cette phrase qui résume bien son action politique : « La politique ne se réduit pas à la gestion de la société. Elle est une morale de la responsabilité et de la solidarité, une éthique de la générosité. » A méditer…

1 Pour les rétroactes, cf. https://ecolo1060.wordpress.com/2015/11/27/une-certaine-vision-socialiste-de-lenseignement-a-saint-gilles/

2 Interview d’Alain Hutchinson, échevin de l’Enseignement à Saint-Gilles, réalisée par les élèves de l’école Pierre Paulus,  : https://soundcloud.com/commeunlundiasbl

Un formulaire scolaire peu respectueux de la vie privée

Le 18 janvier dernier, les parents des élèves fréquentant les écoles communales saint-gilloises ont reçu un courrier pressant provenant du service Enseignement de la commune, les obligeant à remplir, pour la base de données SIEL (SIgnalétique Elèves) de la Fédération Wallonie-Bruxelles, une fiche de renseignements relative notamment à des données personnelles (outre le nom des parents et de l’élève, le N° de registre national, le pays de naissance, le niveau d’études et la profession des parents). Questionnaire non-anonyme à remettre dûment complété et dans l’urgence le 21 janvier, soit trois jours plus tard.

© B. de Radiguès

© B. de Radiguès

En plus du délai de réaction extrêmement court laissé aux parents, ce courrier indique que, si l’une des données est manquante, l’ensemble du dossier d’inscription de l’élève risque d’être refusé, entraînant également une perte de subventionnement pour l’école concernée. En gros, la commune met la pression sur les parents : s’ils ne remplissent pas le formulaire, il y aura de l’argent en moins pour l’école de leur enfant !
Ce courrier ne fournit par ailleurs que peu, voire pas d’explications quant à la raison et l’intérêt de fournir ces données et sur la confidentialité du traitement des données à caractère personnel. Le formulaire distribué porte à ce sujet atteinte à plusieurs principes de protection des données personnelles (1) et notamment :

  • toute collecte des données doit indiquer quel est le but du traitement qui sera fait des données : rien n’est indiqué sur la lettre ou le formulaire;
  • le responsable du traitement des données (ici la Fédération Wallonie-Bruxelles) et la manière de la contacter doit être indiqué sur le formulaire de collecte : ce n’est pas non plus le cas;
  • les données collectées doivent rester pertinentes et ne pas être excessives par rapport au but du traitement : en l’absence d’indication sur le but du traitement, c’est difficile de juger…;
  • il faut également informer les parents que chacun dispose d’un droit de rectification si les données sont inexactes.

Il apparaît de plus qu’il n’est pas nécessaire d’encoder la profession des parents dans le logiciel SIEL, mais seulement le niveau de diplôme de ceux-ci, dés lors la question sur la profession relayée dans le formulaire est non avenue. Ceci a été confirmé par la réponse de la ministre Milquet elle-même à une question parlementaire de Barbara Trachte sur le sujet (2) en commission au Parlement de la Fédération Wallonie-Bruxelles ce 2 février 2016.

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Par ailleurs, à la lecture de la circulaire de l’administration générale de l’Enseignement du 14 décembre 2015 sur la collecte de ces données (3), il apparaît qu’il n’est pas fait état d’une menace de refus d’inscription ou de perte de subventions. Or, la commune brandit dans son courrier la menace suivante : « L’ensemble des données reprises dans la fiche en annexe doivent être complétées. Si une donnée est manquante, l’ensemble du dossier de l’élève est refusé (ndlr : en souligné dans le texte) et son inscription n’est dés lors pas validée par la Fédération Wallonie-Bruxelles, entraînant une perte d’encadrement et donc un coût pour la qualité de l’enseignement dispensé à vos enfants ». Une menace gratuite qui effraie les parents et qui sème la confusion entre l’inscription des enfants dans l’école et l’encodage dans la base de données SIEL. Et surtout la circulaire indique que le formulaire est à rentrer pour le… 30 septembre 2016 et pas pour fin janvier comme le réclame la commune laissant peu de temps aux parents pour remplir le formulaire et s’enquérir de son usage !!

Lors du conseil communal de ce 25 février, le groupe Ecolo-Groen interrogera donc l’échevin de l’enseignement sur plusieurs questions : pourquoi a-t-il imparti des délais aussi courts alors que la circulaire mentionne bien de rentrer les formulaires pour le 30 septembre, pourquoi avoir demandé de renseigner des données qui n’étaient pas exigées (cf. profession), pourquoi menacer les parents de non inscription de leurs enfants alors que le logiciel SIEL n’est par ailleurs pas un logiciel d’inscription et enfin pourquoi la commune ne s’est-elle pas conformée à la législation sur la transmission de données à caractère privé ?

(1) La Loi « vie privée » de 1992 vise à protéger le citoyen contre toute utilisation abusive de ses données à caractère personnel. Elle définit non seulement les droits et devoirs de la personne dont les données sont traitées mais aussi ceux du responsable d’un tel traitement dont l’obligation de mentionner l’usage des données recueillies et le droit, pour le citoyen, de refuser de communiquer certaines données en connaissance de cause.

(2) http://archive.pfwb.be/10000000202e02e (à partir de la page 36)

(3) Les circulaires :

http://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/41507_000.pdf

http://www.gallilex.cfwb.be/document/pdf/41521_000.pdf

Une certaine vision socialiste de l’enseignement à Saint-Gilles

Mon intervention au conseil communal du 26/11/2015

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Monsieur l’échevin,

Nous y voilà donc, à cette fameuse fermeture de Pierre Paulus. Parce qu’il faut bien appeler un chat, un chat, je sais que vous préférez parler de reprise. Moi, j’appelle ça une fermeture certes avec une reprise partielle et graduelle, mais seulement pour une partie des options. A partir de la rentrée 2017, Pierre Paulus n’existera plus, ni à Saint-Gilles ni à Anderlecht, il sera bel et bien absorbé et fondu dans l’institut Emile Gryzon et l’institut Pfeiffer de la Cocof. L’école non seulement comme institution n’existera plus, mais son nom non plus.

Cette fermeture, M. Hutchinson est la chronique d’une mort annoncée. Depuis que je suis conseillère communale, c-à-d depuis bientôt trois ans, je vous interroge régulièrement sur Pierre Paulus et ses soubresauts. Et ça fait maintenant un an que je vous questionne aussi régulièrement sur l’éventuelle fermeture de Paulus qu’on voyait bien se profiler avec l’extinction du premier degré et la fermeture de plusieurs options, jusqu’au dernier conseil communal d’octobre où vous nous avez encore répété que vous ne fermeriez pas. Et ça fait donc pratiquement un an que vous nous baladez de dénégation en dénégation.

Alors, évidemment, vous n’êtes pas, vous, responsable du déclin de cette école et je vous reconnais un certain courage à avoir essayé de la sauver. Il faut l’avouer, vous avez hérité d’une école qui a connu ces dernières années une histoire pour le moins chahutée : arrêts de travail en pagaille, climat délétère, préavis de grève, guerre des clans, rumeurs de fermeture, de regroupement, incivilités diverses, absentéisme important des profs et des élèves et pas moins de 6 directions depuis 2002.

Vous n’avez sans doute pas ménagé vos efforts pour redresser la barre, mais trop tard, beaucoup trop tard. La réputation de l’école a eu raison de son avenir. Force est de constater que le navire Paulus, resté sans capitaine trop longtemps a eu du mal à retrouver le cap, réduire la voilure n’a pas sauvé le bateau et il s’est longtemps cherché une boussole…

Pierre Paulus n’a pas été dans les priorités politiques de la commune pendant plus de 20 ans. Sous vos prédécesseurs à ce poste et sous toute l’ère de M. Picqué. Il semble par ailleurs évident que, hormis vous, le sort de cette école est le cadet des soucis du Collège globalement et du Bourgmestre et constitue une fameuse épine dans le talon scolaire saint-gillois. Une épine dont il faut manifestement se débarrasser. Fermer une école ce n’est pas anodin pour une commune, je ne vais pas vous ressortir Victor Hugo rassurez-vous, mais Paulus était souvent la dernière planche de salut pour toute une série de jeunes exclus des autres écoles. Ce n’est pas anodin pour eux, ni pour leurs professeurs.

Vous arguez pour justifier sa fermeture que seuls 13 % d’élèves saint-gillois la fréquentent, un argument pourtant que vous ne découvrez pas, il était déjà le même lorsque vous prétendiez ici même au conseil communal que l’école Pierre Paulus avait toute sa place dans le paysage scolaire saint-gillois et que vous alliez vous battre pour la redresser. Et vous n’êtes par ailleurs pas le 1er PO à organiser une école dont la majorité des élèves ne proviennent pas de la commune et plein d’enfants saint-gillois fréquentent des écoles d’autres PO communaux. Vous évoquez également le boom démographique pour justifier la création d’une nouvelle école secondaire, ce en quoi on vous suit entièrement, Saint-Gilles a besoin de nouvelles places, mais avouez qu’il est étrange lorsqu’on invoque le boom démographique d’ouvrir une école, tout en en fermant une autre.

Par ailleurs, nous restons circonspects sur les mesures d’accompagnement des élèves proposées. Le Cpeons et le PMS vont-ils vraiment pouvoir s’occuper de recaser les 180 élèves (puisqu’on parle d’un tiers) qui voient leurs options supprimées ? Et que va-t-il advenir des enseignants non repris par la Cocof au 1er septembre 2017 : tous ceux qui n’auront pas eu la chance d’être nommés avant le 31 décembre 2016 et qui vont se retrouver sur le carreau ? Cette fermeture va s’accompagner de pertes d’emploi même s’il y a reprise partielle par la Cocof. Vous avez par ailleurs supprimé 6 des 10 options du Cefa (dont électricien et mécanicien), des sections pourtant porteuses sur le marché pour notamment conserver une option vente qui n’offre pratiquement aucun débouché. Votre sélection s’est opérée en fonction de critères strictement institutionnels et politiques (c’est-à-dire l’offre du site du Ceria et la valorisation d’Anderlecht, à l’avantage de Mme Laanan) sans aucun souci de l’intérêt des élèves et de la pertinence des sections par rapport au marché du travail.

IMG_1184Nous pointons donc clairement cette faillite du système de gestion communale et la responsabilité de la commune dans la fermeture de Pierre Paulus. Ce n’est pas acceptable : la Commune ne peut se défausser de ses responsabilités alors même qu’elle ambitionne d’ouvrir une nouvelle école secondaire !

Enfin, je voudrais en venir aussi à un autre argument qui justifie la fermeture de Pierre Paulus et que vous vous gardez bien d’avancer, c’est le changement de site pour l’implantation de la nouvelle école secondaire. Je sais M. Hutchinson que vous étiez un ardent défenseur de l’ancien site de l’Ecam, non loin de la place Bethléem, mais que vous avez du capituler devant le projet de M. Picqué et Mme Marcus, à savoir la création d’une méga crèche de 164 places sur ce site, pour lesquelles par ailleurs, seules 48 places ont à ce jour la garantie d’être financées, le reste étant hypothétique. Il a donc fallu trouver un autre site, et oh que ça tombe bien, il y avait là, rue de la Victoire et de la Croix de pierre justement une école professionnelle et technique à fermer avec des élèves socio-économiquement défavorisés et des parents qui ne sont pas armés pour se mobiliser, quel cynisme ! Vous avez donc, pour pouvoir créer la nouvelle crèche sur le site de l’Ecam, sacrifié votre seule école secondaire d’enseignement technique et professionnel et ainsi rater une belle occasion de faire de la réelle mixité au sein de la nouvelle école secondaire à pédagogie active ce qui n’aurait pas manqué si elle était restée près de la place Bethléem. Parce que le décret inscription s’il n’est pas modifié ne va pas favoriser la mixité attendue à la nouvelle implantation rue de la Victoire. L’indice composite du décret inscription comprend 7 coefficients dont 3, et ils sont prépondérants dans le calcul de l’indice, concerne la distance école primaire et domicile, la distance domicile et école secondaire (et c’est le seul qui évoque le rayon de 4 km) et la distance école primaire et école secondaire. Vous le savez en implantant la nouvelle école dans le haut de la commune, vous rendez plus difficile l’accès pour les élèves du bas. Je vais d’ailleurs vous rappeler vos propres propos en réponse à une de mes questions en 2013 quand je vous interrogeais sur l’implantation de la nouvelle école sur le site de l’Ecam : « Je suis content d’installer une école comme celle-là dans le bas de Saint-Gilles et pas de l’installer nécessairement à côté de la rue Saint-Bernard. Je pense que nous devons offrir une possibilité d’étude de qualité à l’ensemble de nos jeunes sur Saint-Gilles ». Ironique à la relecture.

Autre surprise, après le changement de site, le changement de PO. Vous nous aviez fait miroiter une école secondaire avec pour la première fois à Bruxelles, un PO intercommunal Forest-Saint-Gilles, fort bien. Sauf que vous faites à présent volte-face, ce sera finalement un PO communal traditionnel, juste Saint-Gilles donc. La sainte alliance Forest-Saint-Gilles semble connaître quelques lézardes et Forest annonce qu’ils n’ont pas de budget pour cette nouvelle école, sans compter qu’ils ne voient effectivement pas ce qu’ils auront à gagner dans ce projet, a fortiori là où l’école va à présent être située. Fini donc le PO intercommunal, en passant vous devriez en avertir l’échevine forestoise de l’Enseignement, madame Père, parce qu’elle n’était pas au courant. Elle attend de vos nouvelles depuis le mois de septembre semble-t-il… Et en passant aussi, je serais intéressée de savoir combien ont coûté les différentes études juridiques pour la création de ce PO intercommunal qui devait être une grande première ? Pourriez-vous nous donner des chiffres ?

Mais si nous sommes critiques sur l’implantation et les soubresauts de ce projet, soyons clairs, nous lavons toujours soutenu et continuerons à le soutenir. Vous ne pouvez pas nous prendre en défaut sur ce point. Saint-Gilles a besoin de nouvelles places et d’une école avec un vrai projet pédagogique, ouvert et inclusif tel qu’il semble se dessiner, mais nous le répétons pas au sacrifice de Pierre Paulus et encore moins en ratant l’opportunité de créer une école secondaire à pédagogie active dans le bas de la commune avec une vraie chance de mixité.

Mon groupe tout en vous soutenant sur la création de la nouvelle école, ne vous soutiendra pas dans votre décision de fermeture de Pierre Paulus, c’est pourquoi nous vous demandons de scinder le vote sur les deux dossiers. Il n’est pas normal que vous nous demandiez de voter sur deux décisions distinctes du Collège. Il y avait moyen de créer une nouvelle école sans sacrifier Paulus. Ce sacrifice est un choix.

Saint-Gilles sacrifie son école secondaire d’enseignement technique et professionnel

Pierre Paulus, la seule école communale secondaire à ce jour à Saint-Gilles, est en train de vivre ses derniers mois. L’échevin Hutchinson a annoncé sa fermeture et reprise partielle par la Cocof et dans la foulée la création d’une nouvelle école secondaire à pédagogie active. Une opportunité manquée de maintenir une offre non concurrente sur le territoire de Saint-Gilles.

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Saint-Gilles ne compte à l’heure actuelle qu’une seule école secondaire de type communal. Il s’agit du centre d’enseignement technique et professionnel Pierre Paulus et de son centre de formation en alternance (Cefa). Une école qui a connu ces dernières années une histoire pour le moins chahutée : arrêts de travail en pagaille, climat délétère, préavis de grève, guerre des clans, rumeurs de fermeture, de regroupement, incivilités diverses, absentéisme important des profs et des élèves et pas moins de 6 directions depuis 2002.

Si l’échevin de l’enseignement semble ne pas avoir ménagé ses efforts ces toutes dernières années pour redresser la barre, force est de constater que le navire Paulus, resté sans capitaine trop longtemps a eu du mal à retrouver le cap et s’est longtemps cherché une boussole. C’est peu dire que cette école n’a pas été dans les priorités politiques de la commune pendant plus de 20 ans, sous toute l’ère Picqué Il semble par ailleurs évident que, hors l’Echevin en charge, le sort de cette école est le cadet des soucis du Collège globalement et du Bourgmestre.

Désertée par les élèves et victime de sa mauvaise réputation, l’école a du subir cette année scolaire la fermeture de son premier degré et de plusieurs de ses sections. Voyant venir l’extinction à petits feux, nous avons interrogé plusieurs fois l’échevin de l’Enseignement, Alain Hutchinson (PS), qui nous a toujours juré ses grands dieux qu’il ne fermerait pas l’école et ferait tout pour la sauver.

IMG_1184Sauf qu’entretemps, un projet de nouvelle école secondaire à pédagogie active a vu le jour. Prévu sur l’ancien site de l’Ecam, non loin de la place Bethléem, dans des bâtiments rachetés par la commune notamment pour ce projet, l’emplacement initial est ensuite remis en question suite à une volte-face du Collège qui préfère y créer une méga crèche de 164 places. Et surprise, on apprend que la nouvelle école secondaire s’implantera sur le site de l’école Pierre Paulus pour la rentrée 2017. Une décision délibérée de sacrifier l’enseignement technique et professionnel communal sur Saint-Gilles pour permettre la création de la nouvelle école secondaire alors que la pression du boom démographique invite à avoir deux écoles : maintenir et redéployer Pierre Paulus (technique et professionnel) à Saint-Gilles et lancer par ailleurs la nouvelle école (enseignement général).

Un projet de nouvelle école secondaire que par ailleurs le groupe Ecolo-Groen a toujours soutenu mais pas au sacrifice de Pierre Paulus et encore moins en ratant l’opportunité de créer une école secondaire à pédagogie active dans le bas de la commune avec une vraie chance de mixité.

Concrètement, nous tenons à pointer cette faillite du système de gestion communale et à pointer la responsabilité de la commune dans la fermeture de Pierre Paulus. Ce n’est pas acceptable : la Commune ne peut se défausser de ses responsabilités alors même qu’elle ambitionne d’ouvrir une nouvelle école secondaire !

Par ailleurs, aucune proposition crédible pour accompagner élèves et enseignants n’a été faite. Cette fermeture va s’accompagner de pertes d’emploi même si reprise partielle par la Cocof. Le Cefa (Centre de formation en alternance) de Pierre Paulus voit par ailleurs 6 de ses 10 options supprimées (dont électricien et mécanicien) et ce, sur une sélection opérée en fonction de critères strictement institutionnels et politiques (offre du Ceria et valorisation d’Anderlecht, commune de Mme Laanan) sans aucun souci de l’intérêt des élèves et de la pertinence des sections par rapport au marché du travail.

Des pavés de la mémoire pierres d’achoppement à Saint-Gilles

Ce 22 janvier, l’Association pour la mémoire de la Shoah publiait un communiqué informant que les cinq pavés de la mémoire installés rue Coenraets avaient été recouverts d’une chape rouge, de la même couleur que le trottoir, les rendant complètement invisibles aux passants. Ces pavés de la mémoire constituent un projet mémoriel européen initié par l’artiste conceptuel Gunter Demnig qui en a déjà placé quelque 45.000 dans plus de 1.000 villes. Ils entendent donner une dimension humaine à la Shoah et rappeler la dimension politique des crimes perpétrés par les nazis avec la complicité, pour ses premiers chapitres, des autorités belges de l’époque et en partie, à Saint-Gilles, de l’administration.

Pavés de la mémoire 2

Les 5 pavés installés le 30 octobre dernier au 29 rue Coenraets rappellent quant à eux que vivaient à cette adresse, avant d’y être arrêtés par les Nazis et déportés vers Auschwitz en 1942, les membres de la famille Kichka dont un seul sur les 5 survivra, Henri Kichka, aujourd’hui un des derniers rescapés bruxellois de la Shoah et qui témoigne encore toujours.

Un certain attentisme

L’association pour la mémoire de la Shoah (l’AMS) a signalé au service Voiries de la commune la profanation de ces pavés le 4 décembre. Il aura fallu attendre le 26 janvier pour que les pavés soient nettoyés et restaurés, et encore après que l’AMS ait diffusé un communiqué dénonçant l’inertie de la commune de Saint-Gilles.

L’auteur des faits, un riverain, a quant à lui été auditionné par la police, et, explique la commune, « aurait agi par peur des réactions que la présence de ces pavés aurait pu susciter en face de son domicile ». Une plainte avec constitution de partie civile au nom de la famille Kichka a par ailleurs été déposée par l’association pour la Mémoire de la Shoah. En l’absence de plus d’infos, nous ne nous prononcerons pas sur le caractère antisémite ou non de cet acte de vandalisme et nous verrons quelles suites seront réservées à la plainte. Mais d’ores et déjà, cet acte suscite un certain nombre de questions que j’ai posées ce jeudi au conseil communal.

Ce ne sont pas les premiers pavés de la mémoire installés à Saint-Gilles, la commune en compte 17 sur son territoire et une demande vient encore d’être acceptée par le Collège pour la pose d’un pavé supplémentaire rue Berckmans. L’initiative est à saluer, elle rappelle en effet que Saint-Gilles fut le théâtre en 1942 d’une grande rafle dans le quartier du Midi. Une bonne occasion pour effectuer un travail de mémoire, de pédagogie autour de ces événements, et cette année particulièrement, alors qu’on commémore les 70 ans de la libération d’Auschwitz. Cependant, Saint-Gilles est la seule commune où sont installés ces pavés avec laquelle il n’a pas encore été possible de convenir d’un programme d’inauguration officielle.

Une opportunité manquée

Face à cet attentisme, j’ai donc interrogé ce 5 février, le Collège, visiblement mal à l’aise. Charles Picqué aura tout au plus admis que la commune a mis beaucoup de temps avant de procéder au nettoyage des pavés. Quant à une date d’inauguration demandée par l’AMS, aucun engagement du bourgmestre… : « Nous devons encore examiner la meilleure manière de procéder ». Et Picqué notamment de se retrancher sur le fait qu’il existe au sein même des organisations juives une polémique autour des pavés de la mémoire. Nous avons quant à nous souligné le manque de cohérence de la commune autorisant la pose des pavés mais n’organisant rien avec les habitants du quartier et les associations autour d’un travail de mémoire et de sensibilisation. Soit la commune refuse et s’en explique, soit elle accepte, mais si elle accepte, l’installation des pavés doit s’accompagner d’un travail pédagogique et de sensibilisation.

Si on veut en effet travailler sur la cohésion sociale, il est nécessaire d’impliquer les habitants dans cette initiative de mémoire. En l’absence de cette sensibilisation des habitants du quartier, l’acte de profanation intervenu fin de l’année passée risque encore de se reproduire. Or, à Saint-Gilles, aucun travail n’est entrepris autour de ces pavés avec les associations activés en matière de cohésion sociale, les maisons de jeunes et autres acteurs du quartier. 

Seules les écoles communales, aurons nous appris par l’échevin de l’Enseignement, Alain Hutchinson, sont engagées dans un programme pédagogique avec l’asbl « Les Territoires de la mémoire ». Une excellente initiative mais aucun lien avec les pavés de la mémoire et l’histoire des familles juives saint-gilloises déportées n’est réalisé.

Par ailleurs, l’Association pour la mémoire de la Shoah a proposé d’organiser une expo photos autour de ces pavés à l’Hôtel de ville ; le lieu lui a été refusé. Ici aussi notre question quant aux arguments qui ont présidé à ce refus est restée sans réponse.

Dans les autres communes, je ne citerai ici que Bruxelles-Ville, Forest, Anderlecht, Molenbeek ou encore Ixelles, les inaugurations officielles, présidées par le bourgmestre, constituent des occasions de sensibilisation et de prévention auxquelles participent les associations locales ainsi que des élèves des écoles préparés tout spécialement par un travail scolaire préalable incluant la rencontre avec des témoins rescapés du génocide. Il serait plus que dommageable que Saint-Gilles soit la seule commune à ne pas participer à ce travail de mémoire indispensable…

Cantines scolaires : bye bye Sodexo !

Victoire ! Après un combat de plus de deux ans des associations de parents des écoles communales de Saint-Gilles et plusieurs interpellations du Groupe Ecolo-Groen au conseil communal, le cahier des charges pour le fournisseur des cantines scolaires a enfin été modifié. Bien qu’encore nettement perfectible, il s’agit d’un pas dans la bonne direction d’une alimentation plus durable pour les cantines scolaires de la commune.

AffichePremier effet : l’éviction de Sodexo, qui jusqu’ici fournissait les écoles, au profit de TCO Service, service de restauration qui adopte une démarche globale de gestion durable : denrées de qualité (ingrédients bio, légumes et fruits de saison, pas d’OGM), fournisseurs sélectionnés, menus équilibrés, achats éco-responsable (les circuits courts, les denrées à faible empreinte écologique et les labels sont privilégiés), tri des déchets. Tout cela sans augmentation des prix, un des principaux arguments qui nous avait été opposé lorsque nous réclamions de passer aux cantines durables à Saint-Gilles…

Reste que le pouvoir adjudicateur du marché des repas scolaires est toujours l’asbl « Les amis des écoles officielles de Saint-Gilles », une asbl qui échappe au contrôle du conseil communal. Or, on parle ici de plus de 72 .000 repas chauds par an et quelque 34.000 soupes… soit un coût de plus de 192.000 € htva, montant en augmentation constante. Nous continuerons donc à interpeller sur ce dossier.

Cahier des charges cantines scolaires 2014-2015

Merci !

Petite dédicace de Grrreeny, petit tigre Ecolo et un des personnages de BD préférés de mes enfants…

Greeny

 

20 % d’indécis…

Plus que quelques heures pour vous décider…

Société civile

 

Vote TTIP (Traité transatlantique) au Parlement européen

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Réduire la fracture scolaire

Arnaud Pinxteren, Barbara Trachte, Alain Maron, Catherine Morenville et Magali Plovie. Nous sommes cinq candidat.e.s à l’élection au Parlement bruxellois ce 25 mai et nous vous présentons, sur 5 semaines, 10 propositions concrètes pour un Bruxelles plus vert et plus juste.

Proposition 10 : Soutenir les enseignants pour réduire la fracture scolaire à Bruxelles

L’enseignement à Bruxelles, mais également en Wallonie, est caractérisé par une grande inégalité. Il s’agit en réalité d’une double inégalité. Une inégalité de résultats d’une part, car les écarts sont grands entre les meilleurs et les moins bons élèves. Et une inégalité des chances, puisque parmi les élèves les plus faibles, on retrouve beaucoup de jeunes issus de milieux défavorisés. Les études se suivent et se répètent pour le souligner.

Cette inégalité est aussi un problème, vu qu’elle génère des résultats scolaires globaux en-dessous de la moyenne aux différents tests internationaux.

EcoleEcolo propose plusieurs pistes de solutions pour remédier à cette situation assez catastrophique pour l’avenir de la jeunesse bruxelloise. Nous devons prendre le contre-pied d’un système scolaire qui fonctionne comme une machine à séparer et classer les élèves (via le redoublement, le renvoi dans l’enseignement spécialisé, les options, les filières, l’exclusion scolaire…) ! C’est, par exemple, le sens du tronc commun que nous défendons, qui doit permettre à tous les élèves, dans un premier temps jusqu’à 14 ans, d’explorer leurs potentiels intellectuels, techniques, scientifiques, artistiques et corporels tout ensemble, avant de poser des choix d’orientation.

Nous avons aussi toujours défendu l’encadrement différencié : le fait de concentrer des moyens supplémentaires dans les écoles où les élèves rencontrent le plus de difficultés. Ainsi que l’abaissement de l’obligation d’inscription scolaire dès 3 ans, parce qu’on sait que les compétences de socialisation et d’apprentissage de la langue qu’apporte l’école à cet âge-là sont des atouts essentiels pour la réussite dans la suite des études.

 On ne réduira pas la fracture sociale sans les enseignants

Si les réformes sont importantes et absolument nécessaires, elles ne sont en soi jamais suffisantes. Les décrets ne suffisent pas à eux seuls à changer la réalité. On ne réduira pas la fracture sociale sans l’aide de ceux qui sont avec les élèves, heure après heure, dans les classes, soit les enseignants.

C’est pourquoi nous proposons, à travers la formation initiale et continue, de mieux outiller les enseignants par rapport à la diversité toujours plus grande (culturelle, linguistique, sociale…) de leurs élèves et pour savoir la gérer. Ce n’est qu’avec des enseignants soutenus et maîtrisant ces outils que la maîtrise de la langue de l’enseignement ou le tronc commun pourront être des réussites, en particulier à Bruxelles.

Et parce qu’on sait que pour être concrètement soutenus, les enseignants doivent faire partie d’équipes pédagogiques motivées, nous proposons d’alléger les charges administratives qui écrasent aujourd’hui les directions d’écoles, pour renforcer leur rôle de coordinateur d’une équipe pédagogique. On le sait, les écoles bien dirigées, où travaillent des équipes soudées font la différence en termes de lutte contre les inégalités.